Parole d'élu / Dominique BOHLY

Passerelle[s] n° spécial – 4 fleurs en 2021

L’urbanisme à Huningue, toute une histoire !


Si Huningue est ce qu’elle est aujourd’hui, elle le doit avant tout à son passé glorieux ou douloureux, à sa double culture, française et germanique… De fait, l’empreinte de l’histoire sur notre urbanisme est très forte, prépondérante même. De nouveaux enjeux démographiques et environnementaux nous imposent des évolutions urbanistiques qui, elles aussi, laisseront inéluctablement leur empreinte sur le paysage de notre ville..

Huningue a été créée il y a plus de trois siècles par Vauban sur ordre d’un Louis XIV, soucieux de fortifier l’Alsace nouvellement française. De cette époque elle garde un centre-ville pentagonal, aux rues souvent étroites mais structurées autour d’une belle place d’armes, qui en fait sa centralité. Cette place – la place Abbatucci – singularise aujourd’hui encore notre centre-ville.

Le démantèlement des fortifications imposé en 1815 est un mal pour un bien ! En perdant son corset de murailles, Huningue a pu s’étendre, se développer sur un territoire de 286 ha, parmi les plus petits de France, et accueillir les industries qui lui apportent une prospérité inédite.

La singularité d’une rigueur toute militaire

Le rebond de Huningue suite aux guerres mondiales sera douloureux, notamment en 1945 : les combats de la libération laissent la ville aux trois quarts, détruite. La reconstruction pour reloger dans l’urgence des milliers de sans-abris, dans un modernisme à toutva parfois discutable, a été le prétexte à la démolition infondée de bâtiments remarquables.

Encore une singularité, Huningue compte un nombre important de logements sociaux. Cette implantation ne date pas d’hier puisque les premiers logements sociaux ont été créés après la Première guerre mondiale. La Cité jardin faisait même figure de pionnière. Avant-gardiste, elle reste toujours un bel exemple d’urbanisme populaire réussi, avec un jardin pour chaque logement.

Les défis d’un développement urbain maîtrisé

De manière générale, Huningue se doit aujourd’hui de relever les grands défis de notre temps. Tout d’abord un défi démographique, chacun devant se loger, majoritairement dans les mêmes bassins d’emplois en croissance, telle l’agglomération trinationale de Bâle ! L’autre défi est l’engagement national pour l’environnement. Les lois issues des « Grenelle de l’Environnement » imposent avec raison des règles strictes faisant que le développement urbain ne doit plus gagner de terrain mais se concevoir par une densification des territoires déjà urbanisés. Pour les territoires les plus convoités, à l’image de Huningue, la pression est réelle. D’autant plus qu’avec un ban communal totalement sur-bâti, la densification passe impérativement, par des opérations de requalification de friches urbaines.

Les enjeux de la densification

Cette densification n’est pas sans contraintes, comme celle de maintenir la perméabilité de la ville pour ne pas s’exposer à des risques d’inondation par ruissellement. Se développer en maîtrisant l’emprise au sol passe alors par un accroissement de la hauteur des bâtiments, bien sûr en cohérence avec le contexte urbanistique. Une telle construction n’a de sens à Huningue que sur des emprises relativement faibles et là où la verticalité existe déjà, c’est-à-dire sur le secteur entre le centre-ville et le Rhin. D’un point de vue urbanistique, cette localisation est d’autant plus pertinente que la hauteur trouve ici sa juste proportion au regard de la largeur du fleuve.

L’optimisation de l’impact au sol passe également par la gestion du stationnement en silo ou en sous-sol avec en tête un autre objectif : dégager davantage d’espace public pour des aménagements paysagers de qualité et de voies de circulation dédiées aux modes de transport doux.

La construction en hauteur à d’autres avantages comme celui de mieux répondre aux exigences environnementales pour réduire les besoins en chauffage, et donc l’impact en gaz à effet de serre. Sa faible densité au sol permet aussi d’atténuer en cas de fortes chaleurs l’effet « de bulle thermique » dont souffrent bien des villes. Un atout renforcé à Huningue par la pénétration d’air frais venant du fleuve et la plantation soutenue d’arbres permettant par évaporation naturelle de réduire sensiblement la chaleur.

Concilier le désirable avec le possible

L’empreinte de l’histoire sur l’urbanisme et l’environnement est à Huningue très forte. La prise en compte à la fois de l’accroissement de la demande pour notre territoire et d’enjeux environnementaux vitaux nécessite une évolution de notre ville. Inéluctable, elle laissera aussi son empreinte en ce XXIe siècle. Le pire aurait été de ne rien faire et de se voir demain imposer des solutions radicales. Sur les grands projets d’urbanisme comme dans bien d’autres domaines, mieux vaut provoquer les événements et les maîtriser plutôt que de les subir.

« La politique est l’art de concilier le désirable avec le possible » écrivait Aristide Briand. Une formule au diapason de la feuille de route de l’équipe municipale. Nous ne pouvons faire que ce qui est possible mais essayons de le rendre désirable et bénéfique à notre qualité de vie !

Dominique BOHLY
1er adjoint au maire


+ Lire ou relire Passerelle[s], journal d'informations de la ville de Huningue

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