Rencontres avec des Huninguois[es]

Éric DIETEMANN : j’ai toujours rêvé d’être un policier

Juillet 2021

Allez savoir si les polars des années 70-80 signés Corneau, Melville ou autre Verneuil y sont pour quelque chose, mais gamin déjà Éric DIETEMANN savait qu’il serait un jour de la Maison.

Commandant Éric DIETEMANNEt quand il se retrouve sitôt sorti de l’école des inspecteurs à courir sur les toits de Reims aux trousses d’un malfrat, faut reconnaître... c’est du brutal ! Classé dans le haut du tableau, il s’est pourtant choisi une affectation de roi, un commissariat donnant sur la façade de la cathédrale des sacres, avec son et lumière s’il vous plaît ! Une belle affiche ne fait pas le film, son apprentissage ne lui laissant d’ailleurs guère le temps à la contemplation. Des flagrants délits à la brigade des moeurs, son « mentor » d’alors lui apprend le métier à un rythme aussi effréné que palpitant.

En 1988, Éric DIETEMANN obtient sa mutation à Mulhouse, dont il est originaire. Le retour au bercail et son passage à la brigade des mineurs n’ont rien d’une sinécure. « Ce genre d’affectation oblige à prendre de la distance, à ne jamais se projeter, sinon les effets peuvent être destructeurs... Je n’avais pas d’enfant, cela m’a sans aucun doute aidé » concède-t-il après un silence qui en dit long sur l’âpreté de certaines affaires. « La vérité n’est jamais amusante, sinon tout le monde la dirait » écrivait Audiard...

Aucun répit quand on le nomme officier du quart ; le rythme est intense, le boulot très physique, mais il apprend beaucoup aux côtés des policiers qui travaillent la nuit, à déceler leurs difficultés, les épauler et veiller à leur sécurité. « J’ai appris à avoir une vision différente des choses, à mieux comprendre encore ce qu’est le métier sur le terrain, par exemple en matière d’outrage. L’individu défait par les pleurs et le remord que l’officier de Police judiciaire interroge au petit matin n’a rien à voir avec celui sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants difficilement interpellé dans la nuit lors d’un accès de violence...»

De belles affaires judiciaires

Ses courtes expériences à la brigade des stupéfiants puis à la brigade financière lui confirment toute la complexité du travail, notamment sur le plan judiciaire : chaque enquête impose une rigueur extrême au risque sinon de s’exposer à un vice de procédure.

Nommé en 2002 capitaine, en qualité de chef de la brigade de sûreté urbaine et d’investigation de Saint-Louis/Huningue, Éric DIETEMANN se confronte vite à « de belles affaires judiciaires », entendez des affaires criminelles, sordides dirait le commun des mortels, de celles pourtant qui pèsent dans une carrière, qui marquent à jamais. Il se souvient aussi d’une sueur froide, ce 30 juin 2007, nuit inaugurale de la passerelle des Trois Pays, quand la belle se met à osciller sous l’effet de la foule : « la maîtrise de la Police a permis d’éviter un drame » assène-t-il, les coups reçus en contrôlant le mouvement de panique rappelant qu’on devient policier pour être au centre des choses…

Pas de guerre des Polices

De nouveau appelé dans la cité du Bollwerk en 2012, cette fois en tant que commandant, chef du service d’ordre et de la sécurité routière puis adjoint au service de voie publique, il devient davantage un gestionnaire. Aucune frustration pour autant : « j’ai le privilège d’exercer le métier qui me passionne, en Alsace, et auprès d’une population qui très majoritairement aime sa Police ». Le policier renversé tout près de lui en 2018, lors d’une manifestation étudiante, n’altère en rien son point de vue, même si la scène a laissé des traces.

Les éclats du gyrophare d’Éric DIETEMANN pourraient un jour ou l’autre le signaler dans notre cité puisqu’il est, depuis le 2 mai, le nouveau commandant divisionnaire fonctionnel à la tête de notre circonscription. L’homme a l’avantage de bien connaître ce territoire et compte insuffler une nouvelle dynamique pour y garantir sécurité et proximité. Avec ses hommes bien entendu, plus que jamais sur le terrain. « La présence de la Police nationale se fera vite ressentir, y compris par des patrouilles pédestres ou dans les transports en commun, aussi par une présence accrue de nuit » prévoit le commandant. Et aucune guerre des Polices n’est à craindre : « une vraie collaboration et des opérations communes avec la Police municipale sont à l’ordre du jour. Les équipages apprennent à se connaître, à bosser ensemble, en complémentarité ».

N’allez donc pas croire qu’Éric DIETEMANN déroule chez nous, en villégiature, les dernières années d’une belle carrière, quand bien même « les récents aménagements en berge du Rhin rendent Huningue encore plus agréable ». Non, le commandant entend agir au quotidien, si nécessaire avec l’appui de renforts mulhousiens. Il joue également la carte de la confiance entre intervenants en consolidant les liens avec les forces de l’ordre de l’agglomération trinationale et avec les partenaires institutionnels ou sociaux. Le déploiement de la justice de proximité est également un nouvel enjeu...

Et l’adrénaline que procuraient une intervention, une investigation dans tout ça ? « On évolue, mais l’essentiel est d’aimer ce qu’on fait, d’avoir toujours de l’envie ». Pas sûr pourtant que le gestionnaire ait pris le pas sur l’homme d’action, lequel retrouve avec bonheur le tumulte de la rivière du Parc des eaux vives !







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