Rencontres avec des Huninguois[es]

Jean-Luc BLANCHARD : la gym doit rester un plaisir

octobre 2016 / par Jean-Louis Mossière

Jean-Luc BlanchardUn demi-siècle de gymnastique dont 23 à l'Alsatia et… " je garde toujours le même enthousiasme. "

Son truc à lui, ce sont les barres. Ah la barre fixe et les barres parallèles ! Deux merveilleux agrès et si spectaculaires où l'on enchaîne de si belles rotations, d'époustouflantes parties volantes, où l'on accumule les éléments d'équilibre, d'élan ou encore de voltige... Oui, deux beaux instruments de… torture aussi qui exigent des muscles autrement qu'en macaronis cuits et qui doivent épouvanter un collégien qui, comme moi, n'a jamais pu toucher le plafond du gymnase, dans cette p… d'épreuve chronométrée du grimper à la corde.

De ses débuts à 9 ans, au cercle sportif de Saint-Louis présidé alors par Louis MULLER (mon prof. de sport et tortionnaire justement) à son poste aujourd'hui de moniteur à l'Alsatia de Huningue, cela fait un demi-siècle que Jean-Luc BLANCHARD prend du plaisir dans la culture physique. " Les copains y allaient. J'ai suivi. J'avais d'avantage le goût au sport individuel alors…"

" Le goût de l'effort et de la discipline. "

Et c'est ainsi que, bascule après croix de fer, chandelle après grand écart, salto avant, saut carpé, descente en lune et un deux trois soleil, on se retrouve un jour à fêter ses noces d'or avec sa conquête, la gymnastique. Oui mais la gym, c'est le pied. Mais pas seulement ! " Elle vous enseigne le goût de l'effort et de la discipline du corps et de l'esprit. Il faut savoir qu'au début, c'était une activité militaire. Elle vous apprend à vous déplacer dans l'espace tout en maîtrisant ses gestes. "

La compétition ? Il s'y est frotté. Un peu. Jusqu'à 14 ans au niveau régional sous les couleurs de Saint-Louis.  Jamais titré, d'accord ! Mais jamais blessé non plus " sinon quelques déchirures des pectoraux  -  oui, ça fait mal - et la peau qui pèle aux bouts des doigts. "  Des bricoles quand on se frotte depuis si longtemps aux engins.  

 " … Et depuis 1993, je suis là. "

Une naissance à Bâle en 1957, une jeunesse à Saint-Louis et puis Huningue et la rencontre prédestinée avec Martine (son épouse) domiciliée rue… BLANCHARD justement : Jean-Luc a résidé 24 ans dans la cité Vauban avant d'emménager en 2004 à Bartenheim.  Mais notre gymnase reste attaché à Huningue comme technicien de maintenance chez Clariant (ex Sandoz Huningue) et où ils ne sont plus que trois aujourd'hui sur le site où se prépare la dépollution du sol. Et comme moniteur de l'Alsatia depuis 1993.  " A l'époque j'entraînais la société de Blotzheim au palais Beau Bourg. Un collègue de travail de Sandoz Bâle, Pascal SCHOLLER, m'a dit que l'Alsatia cherchait un animateur. J'habitais à Huningue ; je me suis laissé convaincre. Et depuis je suis là. "

Et principalement comme moniteur des benjamines, les filles de 9 à 14 ans. " Au début j'étais tout seul avec 7 à 8 enfants à charge. À présent nous sommes 3 pour une quinzaine de gymnastes. " Avec lesquelles il maintient sa forme dans les démonstrations de figures. Outre l'entraînement des benjamines tous les lundis de 18 h à 20 h, Jean-Luc BLANCHARD anime également l'école de gym les vendredis de 17h30 à 22 h et la gym volontaire et le step les lundis de 21 h à 22 h. Et il dit son plaisir d'évoluer dans une salle des sports bien à soi où  l'on n'a pas à perdre son temps dans la mise en place et le rangement du matériel.

"Faire attention à ne pas les casser. "

Plaisir est un mot qui revient souvent : le plaisir de former pour lui et le plaisir de pratiquer pour ses jeunes. " Il faut faire attention de ne pas les casser, de ne pas pousser trop loin l''entraînement. Combiens de jeunes dont on voulait faire des championnes à 12 - 13 ans et qui se retrouvent ensuite au fond du trou physiquement. La gym doit rester un plaisir. À l'Alsatia, sauf le challenge Vauban qui réunit annuellement les gymnastes de Kembs, Village-Neuf, Hégenheim et Huningue, nous ne faisons plus de compétitions. Par manque de temps et d'encadrement, peut-être, mais surtout aussi parce que nous avons l'idée d'une gym ludique et de plaisir."   Et une des raisons sans doute pour laquelle l'Alsatia (présidée aujourd'hui par Madeleine BARTA) a su, au fil des ans, garder un effectif stable. Environ une centaine de licenciés dont 85% de filles.

" Leurs regards féroces… J'adore "

Et à bientôt 60 ans, Jean-Luc BLANCHARD conserve ses mêmes capacités à rebondir sur un tapis de sol comme mentalement. Ainsi, s'il reconnaît qu'il y a des jours où il faut qu'il se pousse pour se rendre à la gym, il enchaîne de suite : " je garde quand même le même enthousiasme des débuts pour ce sport. Et puis, quand on a pris quelque chose en main, qu'on a des responsabilités, il faut aller jusqu'au bout. L'ambiance du club aussi, le bon esprit, les bons moments vécus entre les jeunes, les adultes, les parents et l'encadrement, ça motive aussi."

Oui il y a de bons moments de moniteur que Jean-Luc BLANCHARD a pris soin de noter noir sur blanc. Comme quand ces dames de la gym volontaires commencent leur entraînement par " l'échauffement des mandibules ". Ou quand couchées sur le dos, " leurs rires disparaissent et les miaulements deviennent rugissements " dans le dur exercice des battements de jambes pour le renforcement des abdominaux.

" Leurs regards féroces alors se tournent vers moi. Mais j'adore ces moments là ; et je ne les partagerais avec quiconque. "

Jean-Louis MOSSIERE







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