Rencontres avec des Huninguois[es]

Marie-Claire MEYER : la bonne âme de Huningue

avril 2017 / par Jean-Louis Mossière
Marie-Claire MEYERElle a joué les bonnes fées sur le berceau de la structure d'accueil de la petite enfance et a veillé aussi à la naissance de cette unité de vie pour les anciens…

De La Nef à la Dunette, Marie-Claire Meyer aura fait de ses trente années d'élue une vie de militante pour les Huninguois aux deux bouts de la vie.

Et donné aussi un bel exemple d'intégration et d'investissement personnel aux déracinés et nouveaux arrivants dans la cité Vauban.

Bas-rhinoise d'origine, pour suivre son mari, elle a abandonné en 1962 Haguenau et les berges de la Moder pour Huningue et les bords du Rhin.

Et des regrets ? Sourire… " Haguenau est certes une grande ville… Mais quand on part, il faut savoir s'investir dans son nouveau cadre de vie. Déjà, dans l'intérêt de sa famille. " 

" C'était une affaire d'hommes "

Mère de quatre enfants, son premier grand combat aura été pour la création d'une halte-garderie.

Et l'occasion aussi d'un premier examen de passage devant les élus locaux.

" C'était lors d'une séance du groupe de travail du conseil municipal. Face à nous, que des hommes. On était là, cinq femmes à exposer notre projet pour la petite enfance."

Une démarche de pionnière et une prestation apparemment appréciée puisque le maire de l'époque Charles Muller la sollicita en 1977 pour entrer au conseil municipal.

Des femmes au conseil, diantre ! un événement quand on se rappelle les comportements de l'époque.

" Oui, je me souviens encore des regards que me lançaient les hommes quand j'assistais auparavant, en simple auditrice, aux séances du conseil. Leur air de se dire : mais qu'est-ce qu'elle fait là, celle-là ? Le conseil, c'était une affaire d'hommes."

Donc une entrée au " pays " des hommes. Et sur la pointe des pieds.   

" Avec Claire Lamy et moi, nous n'étions que deux femmes dans cette assemblée. Oui, une autre époque… Bien éloignée des assemblées actuelles d'élus régies par les règles de la parité. Encore que je ne suis pas très convaincue par cette notion de parité ; il y a là quelque chose de forcée qui me déplaît. "

Et son premier mandat comme simple conseillère aura été " pour faire ses preuves " comme elle dit. " Et pas qu'aux yeux  du maire mais aussi de mes propres collègues. "

" Le social, un domaine qui me convenait "

Mais dès son second mandat, elle est bombardée adjointe chargée des affaires sociales. " Un domaine qui me convenait bien. Je m'étais déjà occupée auparavant des cas sociaux, de l'aide alimentaire. "  Dont ces repas-partages organisés tous les midis et tous les jours de la semaine . " M. Mislin, le boucher de Village-Neuf, nous offrait la soupe que nous allions chercher."  La bonne adresse alors de ce resto du cœur, était l'actuel bâtiment des services techniques.

 " Dans mes fonctions, tout au long de ces années, j'ai pu mesurer malheureusement l'évolution de la misère avec le développement du chômage, l'éclatement des familles, les problèmes des ados…

La misère physique, sociale, morale…

" Oui, mais j'ai aimé ce travail, la relation avec les gens. "

Des relations électriques parfois, vécues comme membre du conseil d'administration des HLM mais…

" Il y avait des satisfactions, quand on voit les dossiers aboutir ou que l'on peut aussi donner un coup de pouce. Ça c'est important ! Des échecs ? Bien sûr. J'aurais aimé notamment que ce projet d'unité de vie avance plus vite. "

Car vingt ans - ouf ! - trois maires - pas moins - pour le mener à bien…

" Oui, déjà en 1996, sous l'ère d'Etienne Martin, on réfléchissait à une structure pour les personnes âgées. Nous avons visité des maisons de retraite ( trop chères), des unités de vie dans le Doubs et ailleurs. Mais le projet, bien que toujours dans les objectifs des diverses équipes municipales, était constamment reporté pour d'autres priorités."

" Je ne danse jamais "

Retirée aujourd'hui du conseil, Marie-Claire Meyer n'en reste pas moins active sur le front du social.

Elle s'attache actuellement à remettre en place le réseau d'aide aux repas de l'unité « Suite de Soins et Rééducation » de la polyclinique. Et comme responsable locale de l'Association Générale des Familles, elle donne encore de son temps notamment pour les p'tits bonheurs des Thés dansants. " Mais je ne danse pas. Je m'affaire au service."

Service, service toujours : une des raisons de vivre de Marie-Claire.

Jean-Louis Mossière







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