Rencontres avec des Huninguois[es]

Maxime BARRY : le foot, c'est ma vie !

décembre 2014 / par Jean-Louis Mossière
Maxime BARRY : le foot c'est ma vie!Des tournois interquartiers de Dakar à la présidence aujourd'hui des « jaune et noir », c'est pour lui toujours la même passion du ballon. Sans oublier le « Hakuna Matata » du roi Lion.

Il vient de là-bas. Comme Souleymane DIAWARA ou le Stéphanois Moustapha BAYAL SALL ou encore Mamadou NIANG qui fut si précieux du côté de la Cannebière. Bonne mère, une star celui-là ! Vous ne connaissez pas ? Comme ils disent « c'est pas mortel grave ! » On n'est pas censé aussi tout savoir sur tout ce qui fait débats dans les aréopages des temps modernes.

Mais si on se revendique de la planète Foot, alors n'avoir jamais entendu parler de Moustapha, Mamadou ou Souleymane, c'est vraiment ne pas connaître ses classiques.

Lui, il connaît. Forcément ! Et il pourrait vous en raconter des tonnes sur eux et sur bien d'autres encore. Comme déjà dit il vient de là-bas. Du pays des « Lions de la Teranga », ceux qui ont bouffé l'équipe de France au Mondial 2002, bref, il vient du Sénégal.

Avant de présider et d'orchestrer les doctes assemblées générales de l'AS Huningue, le petit Maxime tapait dans un ballon dans les rues de Dakar où il est né en 1963. Et il s'alignait dans des compétitions interquartiers.

« J'étais licencié en cachette de mon père, qui était comptable, et me parlait surtout et d'abord des études. Mais nous, les jeunes, on avait alors d'autres ambitions ; on rêvait d'une gloire locale, d'être reconnus par les demoiselles du quartier. Simplement. Pas de la folie d'une Porsche ou d'une BMW dans le garage comme aujourd'hui ! ».

« Le football, c'est ma maîtresse »

Maxime BARRY est né un ballon dans les pieds. Il parle football, il rêve football, il collectionne les ballons de la coupe du monde… Même son porte-clefs a son ballon.

« Le football, c'est ma vie, c'est ma maîtresse qui commande ma vie. Que du bonheur. J'ai toujours été porté par le football et… les femmes » ajoute-t-il avec le sourire.

C'est à 21 ans que notre footballeur de quartier a débarqué en France.

« À Mulhouse où j'étais venu voir ma soeur. Et de suite j'ai eu des contacts avec le monde du ballon rond. J'ai rencontré Marc, le président du FC Baldersheim. Un mec formidable. Il m'a procuré une voiture, trouvé un appartement, déniché un boulot. J'étais aide-comptable chez Vidor. Mon premier job. »

Et quand en 1988 il pose ses crampons à Huningue, pour s'installer avec son épouse Clivia RODOLFO, il n'est pas vraiment dépaysé.

Avec un beau-père comme Italo, le foot, était déjà dans les gênes de la famille.

Et on le retrouve sans surprise à l'ASH, sociétaire de la D1, comme aujourd'hui. « J'ai joué avant-centre, milieu, libéro… J'étais polyvalent. »

Qu'importe le poste, l'important c'est de jouer. Et puis, passent les années…

« Des responsabilités. Sinon, y a pas de vie »

En 2009, pas vraiment dans la sérénité, le club a dû se trouver un nouveau président.
« On était en plein championnat. C'était une telle surprise qu'il n'y avait pas de candidat. J'étais alors entraîneur de l'équipe 2. Il fallait prendre une décision assez rapide avec la mairie. Pour l'amour du foot, et avec deux copains, Titi (Manuel GARCIA) et Hicham BOUTOU, je me suis lancé. »

Et disons que Maxime ne partait pas vraiment dans l'inconnu.

« C'est vrai : je connaissais bien le milieu. J'avais le contact avec les autres. J'avais été capitaine de l'équipe 1. J'étais entré au comité à l'âge de 25 ans pour assurer la liaison avec les seniors, j'avais présidé les jeunes… J'ai toujours eu le souci des responsabilités, aimé prendre des risques et les assumer, sinon il n'y a pas de vie. Tout cela m'a encouragé à accepter la présidence. »

Avec des engagements sur de tout autres terrains comme celui des sponsors (toujours à rechercher) ou de la municipalité pour répondre aux besoins : celui de refaire le terrain en synthétique « actuellement dans un état lamentable » ou de réclamer plus d'éducateurs pour les jeunes. « Il est important de leur apprendre le respect sur le terrain. Et je suis fier du label École de football que vient de nous décerner la Fédération française de football. Et j'aimerais maintenant monter une équipe féminine. »

Reste que le terrain, c'est autre chose.

« C'est vrai que ça me manque. Mais j'ai arrêté. »

Faut dire qu'il a pas mal cassé du bois, l'ami Maxime.

« L'an dernier avec l'équipe 3, les vétérans, je me suis pété le tendon d'Achille de la jambe gauche. Quatre mois à la maison. De septembre à janvier. Entre les ligaments croisés internes, les talons, les ménisques… J'en suis à quatre opérations. Avec des indisponibilités de 6 à 12 mois. Quand je me blesse, c'est la totale. Mais… non, rien à regretter. »

« Ils se voient tous ZIDANE ou MESSI »

Comme dit, le foot, c'est sa vie. Depuis toujours.

Et avec son recul, il peut aussi apprécier l'évolution des mentalités dans ce milieu.

« Déjà, si je compare avec mon époque, on assiste à un manque total d'engagement dans la vie sociale du club. Et puis il y a cette pression des parents qui voient souvent leurs enfants plus beaux qu'ils ne sont. Ils ne rêvent pour eux que de réussite dans le foot. Et tout le monde veut des ZIDANE ou des MESSI. »

Quant à la violence (s'il y a) sur le terrain, Maxime préfère parler de… « comportements de petits cons. C'est fou comme des gens gentils dans la vie peuvent être méconnaissables, agressifs et débloquer durant un match.

Le foot doit d'abord être un loisir. De la joie et de bons moments à partager. J'ai fait mienne la devise du roi Lion. Hakuna Matata ! Ce qui veut dire : vis ta vie sereinement. »







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