Rencontres avec des Huninguois[es]

Paola PFENNINGER et Guirec GUICQUEL, urbanistes : prendre des risques !

juin 2017 / par Jean-Louis Mossière

Paola PFENNINGER et Guirec GUICQUELOsez, osons ! Les techniciens de l'IBA se veulent exigeants pour l'aménagement d'un territoire cohérent sur nos trois pays.

Ils sont jeunes tous les deux, la trentaine, elle, Bavaroise, lui, Breton ; elle, spécialisée dans le " Vivre ensemble ", lui, sur la thématique " Paysages " mais leurs pensées ont fait confluence pour améliorer notre cadre de vie. Ils ont des exigences. Et ils mettent la barre assez haut pour n'être pas toujours bien compris ou suivis par nos décideurs. Mais ils ne désarment jamais. Et ils ont raison. Car s'ils se préoccupent de la qualité de notre environnement à tous, l'avenir sur les trois pays leur appartient.

Paola PFENNINGER et Guirec GUICQUEL sont tous deux chefs de projet à l'IBA, une initiative et filiale de l'Eurodistrict trinational de Bâle) que l'on se plaît à traduire par " Imaginer et Bâtir l'Avenir ". Oui mais alors, un avenir qui jouerait allègrement à saute-moutons sur les trois pays du coude du Rhin pour offrir un espace cohérent sur un territoire jusque-là encore par trop fragmenté par les frontières territoriales, politiques et culturelles.

Ainsi Paola PFENNINGER (études d'architecture à Berlin et un master d'urbaniste à Paris) insiste sur le fait de « ne pas oublier le voisin » et donne l'exemple de « Dreiland et de son groupe de travail où l'on a initié le souci d'échanges. » Et Guirec GUICQUEL (ingénieur en horticulture et aménagement du paysage après des études à Angers et Munich) de préciser : « ne pas penser sectoriel, bien mixer les usages, tout bien intégrer. »

 « Essayer de nouvelles choses »

Tous les deux sont appelés à donner leurs conseils pour parfaire des projets communaux qui ambitionnent le label IBA. Convaincre les décideurs de revoir parfois en partie leur conception ? Pas toujours évident !

Paola : « il faut être passionné, avoir la foi, être convaincu de pouvoir améliorer les choses. Et  il faut oser prendre des risques, essayer de nouvelles choses, donner aux gens les moyens d'agir en leur offrant des occasions d'expérimentations. »

Guirec : « …sortir de sa zone de confort. Et peut-être qu'on peut apparaître, oui, parfois comme des utopistes. »

Et donc, comme dit, pas toujours facile d'être suivis. 

Guirec : « il faut comprendre aussi que l'on vient dans les communes avec des critères qui obligent à remonter en qualité dans les projets ; on rajoute par conséquent du travail. »

Paola : « nous intervenons souvent quand le projet est déjà bien avancé. Ce serait plus judicieux dans sa phase de démarrage. L'idéal serait que la population soit aussi associée au projet. Que des réunions publiques soient organisées en amont. C'est clair que cela fait un surplus de travail et de coût. »

 « Cette gravière délaissée à Saint-Louis »

Sur Huningue aussi ils ont leur regard, ce mouchoir de poche précieux où nos élus s'appliquent à « cultiver » chaque parcelle tel un jardin « à la japonaise ». Guirec : « C'est vrai, il y a une grosse pression démographique, beaucoup de logements… Un cœur à préserver… Mais Huningue a encore du potentiel. Comme il y en aussi en périphérie. Par exemple, cette gravière délaissée à Saint-Louis. Faut en prendre acte et se dire : qu'est-ce qu'on fait ? Je verrais bien l'ouvrir, y aménager un circuit pour en faire découvrir sa richesse. Et notre Breton de s'enthousiasmer, de parler de " réparation à long terme " et  de " la conception là  d'un nouveau réservoir nature ".

On veut bien le croire. Le vert, c'est aussi la couleur de l'espérance. Et notre spécialiste " Paysage " a de la pratique. « J'ai toujours travaillé sur des sites dégradés. Et c'est intéressant d'œuvrer sur une telle ossature de quartier vert. » 

« Mutualiser les espaces »

Paola : « à Huningue, il y a des efforts de mise en valeur mais je pense que l'on pourrait aller plus loin, mutualiser les espaces… Par exemple, avec un aménagement adapté, un parking de supermarché pourrait devenir un espace de promenade lors des heures de fermeture, une cour d'école une aire de jeux… Il faut aussi sensibiliser les habitants aux problèmes de l'environnement : organiser une semaine sans voiture, planter systématiquement des arbres dans les rues afin d'amener de la fraîcheur en été et lutter contre la pollution. »

Guirec : « je pense aux jardins, notamment et à la liaison entre la Passerelle et la place Abbatucci, qui est à améliorer avec une ouverture sur deux axes, d’une part la rue de France, d’autre part la voie verte le long de la berge. »

Paola : «  il faut veiller à soigner la mixité travail-habitat, se soucier aussi , par exemple, des besoins piétons cyclistes en élargissant les trottoirs, créant des pistes cyclables continues, sécurisées et agréables. Donner la priorité aux plus vulnérables… »

Et dans ce domaine, notre Bavaroise et notre Breton jouent un peu les cobayes.

Domiciliés l’un et l’autre à Saint-Louis, ils ont choisi le vélo pour leurs déplacements. De quoi déjà apprécier au guidon les pistes à travailler pour des liaisons  entre Huningue et Saint-Louis.

Et un coup de pédale pour le " Vivre ensemble " et un coup de pédale pour le " Paysage ", et un coup de pédale pour…

Jean-Louis MOSSIÈRE 







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